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L’ancien député irakien Ayad Jamal Al-Din a appelé les États islamiques à amender leurs constitutions pour y inclure l’égalité entre les religions. « Si vous voulez gouverner selon votre charia », a-t-il déclaré, « créez votre propre Organisation des Nations unies. » Dans un cinglant acte d’accusation contre l’application de la religion, Jamal Al-Din a déclaré que l’humanité et les enseignements pacifiques de Jésus et du Prophète Mahomet se sont mués en Croisades et en conquêtes islamiques « criminelles et barbares ». Il a évoqué le nettoyage ethnique des Juifs au fil des siècles, alimenté par la croyance chrétienne en leur culpabilité pour le meurtre de Jésus. Lors de l’interview en deux parties, diffusée sur la chaîne télévisée chrétienne Al-Hayat les 13 et 20 avril 2017, il a prévenu que, tant que les écoles, les mosquées et les médias des Etats musulmans loueront le premier Califat, « même si l’EI était éradiqué, des milliers d’organisations similaires émergeront dans son sillage ». Extraits : 

Journaliste : Vous considérez que la religion est bonne à la source, mais vous dites qu’elle peut par la suite s’orienter vers la violence et être utilisée par l’autorité politique. Vous dites qu’elle peut être déformée et utilisée à d’autres fins… 

Ayad Jamal Al-Din : Il en va ainsi pour toutes les religions. 

Journaliste : Mais qu’en est-il si une religion est corrompue à sa source ? Laissez-moi vous donner un exemple. Bouddha, par exemple, n’était pas violent, ni le Christ. Mais si nous examinons la biographie de Mohammed – du moins telle qu’elle nous est parvenue – nous voyons qu’il était effectivement un envahisseur violent. Au cours des dix années où il a vécu à Médine, il a participé à, ou ordonné 83 raids. La violence était donc une partie essentielle des origines de l’islam. Ce phénomène ne s’est pas développé trois ou quatre siècles plus tard, ou avec les dynasties abbassides ou omeyyades. Depuis la deuxième année de sa hijra [émigration] à Médine et jusqu’à ce jour, l’islam a été violent. 

Ayad Jamal Al-Din : Je ne vous reproche pas cette interprétation, car c’est plus ou moins la perception des musulmans eux-mêmes. La plupart des musulmans s’enorgueillissent de ce que vous percevez comme un défaut du Prophète Mohammed. […]

Prenez, par exemple, le symbole du christianisme, la croix. Les chrétiens y sont habitués, et ils l’embrassent, et ainsi de suite. Mais c’est un symbole de haine, de crime, de meurtre. C’est une potence. La religion [chrétienne] a fait d’une potence son symbole, et y place un homme au cou brisé. C’est exactement comme le drapeau saoudien, qui porte une épée utilisée pour tuer, ou le drapeau iranien, qui a plusieurs épées, formant les mots « Il n’y a pas de dieu sauf Allah ». 

Journaliste : Mais permettez-moi de vous interrompre… 

Ayad Jamal Al-Din : Non, ne m’interrompez pas. Laissez-moi terminer. 

Journaliste : D’accord, je commenterai ensuite. 

Ayad Jamal Al-Din : Je suis convaincu que les prophètes étaient purs – Mohammed, Jésus, Moïse, Abraham, tous – et que la faute incombe à leurs disciples. C’est ce que je crois et ce que je dis. Après la mort de Jésus, les prêtres chrétiens ont accusé les Juifs d’un crime – qui, selon l’islam, n’a pas eu lieu, mais même s’il s’est produit, et que Jésus a été tué… Ils ont blâmé l’ensemble du peuple juif, même s’il a été commis – s’il s’est bien produit – par une personne ou par un groupe de personnes. Même si nous partons du principe que tout le peuple juif de cette époque a conspiré avec les Romains pour tuer Jésus, comment serait-ce la faute de générations de pauvres Juifs au cours des 2 000 dernières années ? Ils sont au banc des accusés et se font tuer. Hitler n’a pas été le premier à commettre un Holocauste génocidaire chrétien contre les Juifs. Il y a eu plusieurs holocaustes… 

Journaliste : A votre avis, Hitler a perpétré un Holocauste chrétien ? 

Ayad Jamal Al-Din : Oui, et la preuve qu’Hitler était un produit de l’Église réside dans le fait que le Pape l’a soutenu. 

Journaliste : Non, il ne l’a pas soutenu. 

Ayad Jamal Al-Din : Le Pape a soutenu Hitler dans le crime de nettoyage ethnique des Juifs. 

Journaliste : Eh bien, j’affirme qu’Hitler admirait l’islam et a déclaré : je suis plus proche de l’islam que du christianisme. 

Ayad Jamal Al-Din : Laissez-moi vous dire qu’Hitler n’a pas perpétré le premier Holocauste chrétien contre les Juifs. C’est indéniable. Le meurtre et le nettoyage ethnique des Juifs par les chrétiens pendant 2 000 ans en Europe, pour un crime qui soit ne s’est jamais produit, soit, s’il s’est produit, a été commis par des gens il y a 1 500 à 2 000 ans – en quoi les Juifs contemporains en sont-ils coupables ? Les pauvres Juifs innocents n’ont pu pousser un seul soupir de soulagement jusqu’à ce que la laïcité prenne racine. Mais alors, Hitler est apparu, un produit de l’idéologie de l’Église de nettoyage [ethnique]. […]

Les enseignements de Jésus se sont mués en Croisades. Je dénonce les Croisades, et non Jésus. Les enseignements et l’humanité du Prophète Mohammed se sont mués en conquêtes criminelles et barbares. Ces conquêtes ont balayé l’Egypte et la Mésopotamie, qui étaient l’incarnation de la civilisation à l’époque. Les Arabes nomades, qui n’avaient rien à boire ou à manger, se sont rendus là-bas en prétendant les guider vers Allah. Ils ont détruit les civilisations de l’Irak, du Levant et de l’Égypte, sous prétexte de diffuser l’islam. Qui vous a dit de répandre l’islam par l’épée ? Quelle sorte de foi peut pénétrer dans le cœur des gens par l’épée ? Les gens ont été forcés de croire en l’islam, par crainte de l’épée, tout comme le fait l’EI. L’EI s’enorgueillit de ce passé criminel et tente de le reproduire. […]

Je crois avec optimisme que la terrible goule [monstre] du terrorisme islamique est vouée à décliner et à se retrouver à la poubelle, tout comme le fléau de l’Église au Moyen Age, après l’apparition de philosophes libres penseurs, et de gens qui croyaient en la nécessité de la laïcité, et qui ont compris que la laïcité n’est pas anti-Eglise ou anti-christianisme, mais appelle plutôt à la liberté de toutes les religions et de toutes les idéologies. Sous la laïcité, toutes les personnes jouissent des mêmes droits. Le mot « égalité » est la charnière séparant les religions de l’ère post-religions. […]

Si l’EI était éradiqué, des milliers et des milliers d’organisations similaires apparaîtraient dans son sillage, tant qu’il y aura des écoles, des mosquées et des médias soutenant le terrorisme, incarné dans la« pureté », la « beauté » et la « tolérance » du Califat, qui existait il y a 1 400 ans. Tant que l’école, les mosquées et les médias musulmans loueront le premier Califat, vous pouvez vous attendre à des milliers et des milliers d’Abu Bakr Al-Baghdadi, partout et à travers les âges. Cela ne prendra fin que lorsque le premier Califat sera critiqué, déconstruit et qu’on aura compris ce qu’il était. […]

Le principe de l’égalité doit être imposé aux États islamiques. Les 55 Etats islamiques devraient se voir imposer le choix suivant : si vous voulez être membres de l’Organisation des Nations unies, votre constitution doit affirmer que les musulmans et les non-musulmans sont égaux, que les musulmans, les polythéistes, les infidèles, les athées, les chrétiens et les autres sont tous égaux. 

Journaliste : S’ils n’en veulent pas, cela devrait leur être imposé. 

Ayad Jamal Al-Din : Exactement. Il faut faire cela pour sauver l’islam et les musulmans de leur réalité. S’ils veulent être membres de l’ONU, ils doivent inclure l’égalité dans leurs constitutions et appliquer dans leurs lois cette égalité à tous les citoyens. Ou bien, si vous voulez gouverner selon votre charia, créez votre propre Organisation des Nations unies.