En prévision de la visite du président iranien Hassan Rohani en Irak, la semaine prochaine, le régime iranien et des représentants des banques à Bagdad ont tenu des réunions préliminaires, durant lesquelles le régime iranien s’est assuré le contrôle du système bancaire irakien, de façon à pouvoir contourner les sanctions américaines.

Au cours de sa visite à Bagdad, Rohani devrait signer des accords allant au-delà de ce qui a été conclu lors des entretiens. L’agence de presse iranienne Tasnin, proche du Corps des Gardiens de la Révolution islamique (CGRI), a annoncé le 6 février 2019 que le système de paiement Iran-Irak avait été déterminé lors d’une rencontre nocturne à Bagdad entre le gouverneur de la Banque centrale d’Iran, Abdolnasser Hemmati et son homologue irakien Ali Al-‘Alaq.[1] Il convient d’observer que l’Iran s’efforce de créer un système financier conjoint avec l’Irak qui lui permettra d’échapper aux sanctions américaines menaçant son économie (voir MEMRI Inquiry and Analysis No. 1434, Iraq’s Importance To The Survival Of Iran’s Regime And Economy Following U.S. Sanctions, 30 janvier 2019)

Alors que les médias irakiens ont à peine couvert la visite du gouverneur de la Banque centrale d’Iran à Bagdad, début février 2019, apparemment afin de dissimuler les détails des accords conclus, les agences de presse iraniennes ont rendu compte des conclusions et des accords conclus lors de ces rencontres. Selon ces informations, au-delà des décisions relatives à un mécanisme de paiements Iran-Irak, de très larges secteurs du leadership politique et financier irakien soutiennent fermement le renforcement des relations bancaires et commerciales avec l’Iran. Ainsi, le Premier ministre irakien Adel Abd Al-Mahdi, chiite soutenu par les Etats-Unis, s’est engagé personnellement en faveur des accords obtenus et s’avère être un soutien fervent de la poursuite des négociations bilatérales avec l’Iran.

Le gouverneur de la Banque centrale irakienne Ali Al-‘Alaq cherche à écarter les obstacles à la coopération économique, en particulier pour permettre l’afflux de devises étrangères en Iran. Cela, afin que l’Iran puisse exporter son pétrole et son gaz naturel en Irak et recevoir des euros en échange. Ainsi, il a été convenu que la Banque centrale d’Iran ouvrirait des comptes en euros et en dinars en Irak, par le biais desquels des paiements seraient effectués pour le pétrole et le gaz.

Il convient d’observer que l’administration américaine a prévenu que si l’Irak se transformait en canal de transfert de devises étrangères en Iran, les Etats-Unis répondraient par des sanctions contre les banques irakiennes, et bloqueraient leur accès aux dollars.

En outre, lors d’une conférence de presse tenue le 4 mars 2019 à Bagdad, le président irakien Barham Salih a mentionné l’intérêt irakien de maintenir de “très bonnes relations” avec l’Iran. Il a expliqué : « Le voyage [du Président iranien] en Irak est important. Il y a peu de temps, j’étais à Téhéran et j’ai mené des pourparlers approfondis avec les échelons haut-placés en Iran sur plusieurs questions. Nos relations avec l’Iran sont importantes. Je souligne toujours, dans tous les pays où je me rends, que l’intérêt de l’Irak est de maintenir de très bonnes relations avec l’Iran. Je répète délibérément cette phrase à plusieurs reprises. Nous autres Irakiens avons intérêt à renforcer ces relations avec l’Iran, et nous devons les considérer comme essentielles dans le contexte de nos relations régionales. Nous avons payé un prix très élevé pour les tensions passées [Iran-Iraq]. Ces relations avec l’Iran doivent se fonder sur le respect de [notre] souveraineté. Ce sont des intérêts conjoints fondés sur une frontière partagée de 1400 kim, et sur l’histoire, la culture et la société… Nous devons nous souvenir de l’importance de cette relation [avec l’Iran]… Le voyage [planifié de Rohani] conclura les accords et les arrangements qui feront progresser nos relations réciproques. A quoi ressembleront ces accords, et quelle forme prendront-ils ? Les choses s’éclairciront lors [ de la visite de Rohani] en Irak. »[2]

Ici, en anglais, des informations publiées par l’agence de presse iranienne Tasnim et le quotidien financier iranien Taadol conclus lors de la visite du gouverneur de la Banque centrale d’Iran le 19 février 2019, ainsi qu’un compte-rendu de l’agence de presse iranienne ISNA de la rencontre entre le vice-président iranien Eshaq Jahangiri, réformateur, et le ministre de l’électricité irakien Luay Al-Khatteeb.

Lire le rapport MEMRI intégral en anglais

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