Voir les extraits vidéo sur MEMRI TV

L’historien algérien Dr Nasser Al-Din Saidouni a déclaré que les peuples arabes, toujours au stade « tribal », n’avaient pu obtenir les « stimuli internes » nécessaires à une véritable renaissance, mais avaient en revanche « emprunté aux entreprises européennes, imaginant qu’elles nous sauveraient et nous rendraient plus progressistes ».

Dans une interview diffusée sur la chaîne télévisée Al-Arabiya le 26 octobre 2017, Dr Saidouni a estimé que la « stagnation culturelle » des sociétés arabes et islamiques avait débuté au 13ème siècle, lorsque celles-ci s’étaient enfermées dans un cocon pour s’auto-préserver. Extraits :

Dr Nasser Al-Din Saidouni : La stagnation culturelle a commencé, peut-être, au 13e siècle, avec la chute de l’islam à Al-Andalus, et la progression des chrétiens, avec les attaques des Mongols et des Tatars dans l’Orient arabe. Le Machrek et le Maghreb arabe se sont retrouvés entre le marteau et l’enclume, avec les Mongols et les Tatares à l’est, et la progression des croisés et de la Reconquista espagnole à l’ouest.

Par conséquent, je crois que les sociétés islamiques et arabes de l’époque se sont repliées sur elles-mêmes. Par la suite, le monde arabe et islamique s’est enfermé dans un cocon par souci d’auto-préservation, au lieu d’essayer de se développer. […] Des signes de retard sont clairement apparus dans l’Occident islamique, lorsque les écrits d’Averroès ont été brûlés et qu’il a été traité avec violence, lorsque Lisan ad-Din ibn al-Khatib a été mis à mort, lorsque Ibn Khaldoun a été forcé d’émigrer au Machrek, et lorsque Al-Maqqari a dû quitter Tlemcen au Maghreb pour le Machrek. Ce sont là des indications de repli sur soi. L’Egypte a conservé un certain degré [d’ouverture], à l’ère des Mamelouks, mais face aux frappes des croisés au Moyen-Orient, aux attaques des Mongols à l’est, et à la progression de la Reconquista chrétienne à l’ouest, le monde arabe et islamique est entré dans une sorte de… je ne dirais pas de coma, mais une sorte de…

Journaliste : Désolation…

Dr Nasser Al-Din Saidouni : Oui, de désolation, et une sorte de somnolence. Historiquement, nous sommes entrés dans une période d’hibernation, de laquelle nous ne sommes sortis que quand les Européens ont aterri en Algérie, quand [le comte] de Bourmont a débarqué à Sidi Fredj [en 1830], et Napoléon à Alexandrie [en 1801].

C’est alors que le monde arabe a compris que le monde n’était pas comme il l’avait imaginé. Ils ont compris qu’il existait quelque chose de nouveau. Quelque chose de nouveau appelé l’Europe. […]

Nous n’avons pas été capables de générer de renaissance dans le monde arabe. Tout ce que nous avons fait, c’est emprunter aux entreprises européennes, imaginant qu’elles nous sauveraient et nous rendraient plus progressistes. Mais la vérité est que les vrais réveils survenus au Japon, en Occident et ailleurs, ont été mus par des stimuli internes, que les peuples arabes n’ont pas réussi à déclencher. En conséquence, ce que nous pensions être une renaissance est en réalité la manifestation de quelque chose de superficiel, qui n’influe pas sur la structure sous-jacente [de la société], laquelle demeure tribale. [La société arabe] ne fait pas partie des sociétés modernes que l’Occident connaît.

LEAVE A REPLY

Please enter your comment!
Please enter your name here