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Le président de l’Université du Caire, Mohamed Al-Khosht, a prôné l’élaboration d’un « discours religieux totalement nouveau », affirmant que le « discours réformé » ne suffit pas et comparant la réforme de la pensée islamique à « la rénovation d’un vieux bâtiment en voie de s’effondrer ». Toutes les tentatives de réforme, depuis l’époque de Mohamed Abduh « ont donné des résultats décevants », a déclaré Al-Khosht. « Si ces réformes avaient porté leurs fruits, notre réalité aurait changé » et « nous devrions aborder Coran et Sunna de façon frontale, armés des sciences modernes », a ajouté Al-Khosht, lors d’une interview sur les ondes d’Al-Arabiya, diffusée le 4 février 2018. Extraits :

Voix off : Dr Al-Khosht appelle à quitter l’ère de la stagnation religieuse qui, selon lui, a trop duré. Il s’oppose à la notion de réforme de la pensée islamique qui, soutient-il, serait comme la rénovation d’un vieux bâtiment en voie de s’effondrer.

Journaliste : Vous appelez à plus qu’une simple réforme. Comment définiriez-vous le terme de réforme ?

Mohamed Al-Khosht : Toutes les tentatives de réforme ont donné des résultats décevants.

Journaliste : Vraiment ?

Mohamed Al-Khosht : Oui. C’est ainsi qu’on nous les a présentés.

Journaliste : Depuis l’époque de Mohamed Abduh, ou même avant ?

Mohamed Al-Khosht :Toutes [les tentatives]. Je juge les choses à leurs résultats. Si ces réformes avaient porté des fruits, notre réalité aurait changé. Mais vous pouvez constater quelle est notre réalité. Par conséquent, aucune des tentatives de réforme n’a valu grand-chose.

Journaliste : Vous parlez de « tentatives ». Ce qu’ont fait Mohamed Abduh, [Rifaa Al-] Tahtawi et les autres ne consistait donc qu’en de simples tentatives ?

Mohamed Al-Khosht : C’étaient des efforts louables.

Journaliste : Mais insuffisants ?

Mohamed Al-Khosht : C’étaient des efforts louables, mais ils n’ont pas permis l’avènement d’une ère nouvelle. Hujjat Al-Islam Abou Hamed Al-Ghazali a parlé d’un renouveau des sciences religieuses. Nous n’avons pas besoin de ranimer les sciences religieuses. Nous devons ranimer la religion. Nous avons besoin de nouvelles sciences. Aujourd’hui, nous avons la psychologie, la sociologie, l’anthropologie, les sciences politiques et une économie moderne, et de nouvelles théories juridiques. Ce sont toutes des sciences modernes. Nous devons donner naissance à de nouvelles sciences religieuses, compatibles avec le développement scientifique. Je ne parle pas des religions en tant que telles. Les anciennes sciences religieuses étaient le produit de l’homme et de leur temps. […] C’est pourquoi de nouvelles sciences et un discours religieux totalement neuf s’imposent, et pas simplement un « discours réformé ». […] Nous devrions aborder le Coran et la Sunna de manière frontale, armés des sciences modernes.

Journaliste : Qui devrait le faire ?

Mohamed Al-Khosht : Chaque musulman.

Journaliste : 40 % de nos citoyens sont illettrés et ne savent ni lire ni écrire, et vous attendez d’eux qu’ils assainissent le système de jurisprudence ?

Mohamed Al-Khosht : Ce n’est pas nécessaire. Monsieur, la foi est une chose simple, mais la foi qui nous est présentée par [les cheikhs] est compliquée. La foi qui nous est transmise par notre Dieu est simple.

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